L’admiration silencieuse Adrien n’aurait jamais su dire quand tout avait commencé. Peut-être ce matin-là, dans le métro, quand un homme au torse large et aux bras puissants avait sauté sur la rame au moment où il s’y attendait le moins. Peut-être à la salle de sport, en observant un habitué soulever des poids avec une précision qui semblait naturelle. Ce qu’il savait, en revanche, c’était ce qui se produisait à chaque fois, son regard se fixait, presque sans qu’il y pense, sur ces épaules larges, ces muscles qui se dessinaient à chaque mouvement. Il aimait la force tranquille. Pas la force imposée ou agressive, mais celle qui se montrait dans un geste simple : porter un sac, ramasser un objet, ajuster un t-shirt. Il aimait la confiance que dégageaient ces hommes, l’assurance de leur corps et la maîtrise de leurs gestes. Cette fascination le remplissait d’une tension douce, comme un frisson léger qui s’attardait au creux de son dos. À la salle de sport, c’était devenu presque un rituel....