I'm coming out
Faire son coming out, ce n’est pas prononcer une phrase magique qui arrangerait tout. Ce n’est pas un interrupteur que l’on bascule du silence à la lumière. C’est plutôt une traversée, parfois lente, parfois brutale, toujours intime. Avant de parler aux autres, on se parle à soi-même. On empile des mots dans sa tête, on les répète sous la douche, dans le noir, au plafond. On négocie, on repousse, on se promet « plus tard ». On apprend à se regarder sans détour, ce qui est souvent l’étape la plus courageuse. Le coming out n’arrive jamais dans le vide. Il s’inscrit dans une histoire familiale, sociale, culturelle. Il porte le poids des regards imaginés, des silences passés, des blagues entendues trop tôt. Parfois, il porte aussi l’espoir immense d’enfin respirer à plein poumons. On dit souvent que « ça se passe mieux qu’on ne le croit ». Parfois c’est vrai. Parfois non. Et entre les deux, il y a toute une palette de réactions ambiguës, maladroites, aimantes mais tremblantes. Faire son co...